L'état civil
La première source est constituée par les archives d'état civil du Cantal, conservées aux archives départementales du Cantal à Aurillac, et dont l'intégralité des registres est accessible en ligne. Compte tenu de la facilité pour retrouver les actes de baptêmes, mariages ou décès une fois la date connue, la référence exacte n'a pas été systématiquement mentionnée dans les tomes, ce qui aurait alourdi le texte.
Ces registres furent dressés en application de l'édit de Villers-Cotterêts d'août 1539. L'état civil conservé à ce jour est disponible pour toutes les paroisses de notre aire d'étude depuis 1700 environ, généralement depuis 1670, et parfois avec des séries plus ou moins complètes depuis 1570. Avant 1670 toutefois, il est exceptionnel de disposer d'actes de mariage filiatifs, et auparavant le curé ne mentionnait pas systématiquement le nom de famille de la mère dans les actes de baptême. Certaines filiations sont en revanche facilitées par les pratiques de parrainage : certains curés, comme ceux de Mauriac au XVIIe siècle, ont laissé des renseignements précieux sur les liens de famille des parrains et marraines, permettant de relier les familles entre elles.
Les registres notariés
La source secondaire a été puisée dans les registres des notaires, AD15, série 3E. La quasi-totalité des actes notariés a été dépouillée dans les années 2010-2020 pour notre aire d'étude par l'association Aprogemere, qui les a également partagés en ligne. La lecture de ces actes, aisée pour les XVIIIe et XIXe siècles, peut poser des difficultés pour les périodes antérieures, compte tenu de l'évolution de la graphie au fil des décennies.
Les contrats de mariage, testaments, donations, et parfois des actes plus banals, contiennent les informations qui font défaut dans les registres paroissiaux, et permettent le plus souvent de remonter les recherches de trois générations, soit un siècle. Les premiers contrats disponibles pour notre aire d'étude démarrent au début du XVIe siècle pour les familles du tiers état, et jusqu'au XIIIe siècle pour certaines familles nobles.
Les registres d'insinuations
Les registres d'insinuations des actes sont disponibles à Salers, Aurillac, Clermont et Riom, selon la paroisse étudiée. Il s'agit de copies des actes originaux, rendues obligatoires au XVIe siècle dès lors que l'enjeu financier des donations dépassait le seuil, assez modeste, de 50 livres. Les plus anciens registres datent de 1560, et contiennent des copies intégrales des actes de donation généralement effectués entre membres d'une même famille.
Bibliothèque Nationale de France
Pour les branches nobles, les recherches de noblesse réalisées par les généalogistes du roi sont disponibles à la Bibliothèque Nationale : Pièces Originales, Dossiers Bleus, Carrés d'Hozier, Cabinet d'Hozier, Nouveau d'Hozier, et — summum de la précision — le fonds Chérin.
La BNF conserve également plusieurs manuscrits pertinents pour notre aire d'étude :
- Manuscrit 32531 — recherche de la noblesse de la Généralité d'Auvergne en 1634-1635
- Manuscrits 32649 et 32650 — sur les De Chalvet de Rochemonteix
- Nouvelles Acquisitions Françaises 992 et 18 888 — preuves de noblesse d'Auvergne
- Trésor généalogique de Dom Villevieille — ms. fr. 31884-31976
- L'armorial de Revel de 1450
- Clairaimbault 307 — rôle des roturiers ban Haute-Auvergne, 1541
- Manuscrit 24032 — rôle des nobles contribuables au ban et arrière-ban du pays du duché d'Auvergne, 1587
Archives nationales
Les archives nationales recèlent des trésors concernant les périodes les plus anciennes, mais restent d'un accès souvent difficile. Quelques exemples mobilisés pour la collection :
- M 264 — généalogie des d'Apchon
- Q1 105 et 106 — titres des arrondissements de Mauriac, XIIIe-XVIIIe siècles
- Série X1a — actes au civil du Parlement de Paris
- Série X1b, 9698 à 9704 — Grands Jours de Clermont
- Série X2a — actes criminels au Parlement de Paris
- J 1089-1011 — terres relevant de la Tour d'Auvergne, notamment Claviers (1098) et Saignes (1092), microfilmées mais peu aisées à lire
- T86 — baronnie de Trizac
- T91 — fonds de Chabannes
- T193 et 194 — fonds de Noailles, concernant leurs propriétés en Haute-Auvergne (Chambres, Nozières, Montclar)
La Bibliothèque du Patrimoine à Clermont recèle également de précieux manuscrits, dont la liste figure dans la bibliographie des ouvrages.
Archives privées et fonds départementaux
Les archives privées déposées aux archives départementales du Cantal sont très riches : certaines sont classées, comme le fonds de Mazerolles, d'autres non, comme celles du château de Couzan à Vebret ou de Saint-Étienne-de-Chomeil — ou encore celles conservées par la famille d'Auzers dans leur château, que nous n'avons pas pu consulter.
Aux Archives départementales du Cantal, on note en particulier la série E, qui contient les archives notariales déposées ; le très riche fonds de Ribier-Sartiges (125J) ; les recherches généalogiques du Commandant de Tournemire, qui apportent des centaines d'actes inédits (1J1115) ; les registres de fondations aux églises d'Apchon, Salers, Riom-ès-Montagnes, Fontanges et Saint-Martin-Valmeroux. Les archives anciennes de l'église, en série G, fournissent des terriers, des registres de fondations pieuses, des testaments et donations ; celles des abbayes, en série H, bien que pauvres, contiennent également des actes inédits sur Mauriac, Féniers et la grange de Graule.
Archives voisines : Rhône, Allier, Puy-de-Dôme, Corrèze
Aux Archives du Rhône se trouvent les preuves pour Malte (AD69-48H) et le fonds de la commanderie de Pontvieux et Ydes (AD69 48H2462-48H2492). Aux Archives de l'Allier, le riche fonds Chabannes (AD03-22J) concerne notamment Tinières, la Roche-Marchal et Madic.
Les Archives du Puy-de-Dôme apportent, hors du Cantal, les sources les plus vastes : les registres d'insinuation de Clermont et Riom (série B), dépouillés partiellement par Tixier et complétés pour les actes concernant la Haute-Auvergne ; les hommages féodaux rendus à l'évêque de Clermont (série 1G) ; les registres des synodes (série 1G) ; les dossiers des prêtres pour l'archiprêtré de Mauriac et celui de Rochefort, ce dernier incluant les paroisses de Basse-Auvergne de Champs, Trémouille et Lanobre, rattachées au Cantal à la Révolution. Le fonds Adam (6F) contient quant à lui le dépouillement des insinuations ecclésiastiques.
Aux Archives de la Corrèze, le fonds de l'abbé Pau (4F) couvre la région de Bort.
Terriers et lièves
Plusieurs terriers et lièves ont été mobilisés en annexe des tomes : Menet (1490, 1642), Saignes (1441), Trizac (1397, 1607, 1740), Saint-Angeau (1518), Apchon (1517), la Roche-Marchal (1500-1600), Gimazanes, entre autres.
Revues savantes et nobiliaires
Les revues savantes, en particulier la Revue de la Haute-Auvergne, apportent des compléments significatifs, de même que « À moi l'Auvergne » du CGHAV et Héraldique & Généalogie, sous réserve de pouvoir en vérifier les sources.
Parmi les nobiliaires généraux mobilisés figurent ceux de Chaix d'Ange, La Chesnaye des Bois et le Père Anselme. Les ouvrages de Bouillet sur la noblesse d'Auvergne, ceux de Ribier et de Sartiges sur le Dictionnaire Statistique du Cantal, apportent une masse considérable d'informations sur les familles auvergnates, particulièrement riches concernant la bourgeoisie et la noblesse, parfois jusqu'au haut Moyen Âge. Les ouvrages généalogiques d'Albert de Remacle sont également remarquables, bien qu'essentiellement focalisés sur la Basse-Auvergne.
Une source à manier avec précaution
Les sites internet de partage, bien que truffés d'informations non vérifiées, voire outrageusement fausses, restent un outil intéressant pour retracer certaines branches — à condition de toujours vérifier les informations qui y sont recueillies.